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        Homélie pour la fête des rameaux

Homélie pour la fête des rameaux

Homélie du diacre Jean-Paul Grouès pour la fête des rameaux.
Quel contraste entre la procession joyeuse et le long récit de la passion ? ...
A toi qui pense avoir raté ton carême écoute ...


  • Ne sommes-nous pas quelque peu déconcertés ? Comment se fait-il qu’en quelques minutes seulement, la liturgie de ce jour, si joyeuse en son commencement, dans sa procession, se soit assombrie si vite ?
  • Pourquoi un tel contraste ? Pourquoi l’Eglise nous impose-t-elle de quitter notre joie, nous étions tout à la joie de l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem, et patatras : nous voici ramenés, conduits malgré nous, à accueillir, à pénétrer le récit de sa Passion ?
  • C’est comme si le projectionniste, au cinéma, se serait trompé de bobine au moment de passer à la suite : qu’est-ce qui justifie ce brutal « rappel à l’ordre », cette confrontation au réel de notre histoire ?
  • Car en plus d’être l’histoire de Jésus, c’est bien de notre histoire dont il s’agit. Ce qui se joue dans ces huit jours (du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques), sommet de l’Histoire du salut, c’est notre histoire, mon histoire, l’histoire personnelle de tout homme. Je suis brutalement confronté à mon péché. « -* Je me croyais déjà (presqu’)au paradis en acclamant Jésus dans son entrée triomphale ; tout allait bien. Mais, j’avais oublié de me convertir. Mon cœur est versatile, inconstant, prêt à suivre le vent qui tourne … prêt à abandonner Celui que j’acclamais, et en quelques jours passer du « Hosanna au plus haut des cieux !, Hosanna au Fils de David ! … » à « Crucifie-Le ! à mort ! Pas lui, Barrabas ! »
  • Qu’y a-t-il dans mon cœur qui soit aussi malade pour qu’il vienne à passer si vite de l’amour à la haine ?
  • Seigneur, par tes plaies vient me guérir. Par ton cœur transpercé, viens ouvrir mon cœur à l’amour sans limites ; il me faut découvrir que c’est en se donnant qu’on se trouve, en mourant qu’on accède à l’éternelle vie. Seigneur, qu’à ta suite, ma vie devienne un … Don. » …………………
  • A toi, qui n’a pas fait ton Carême, ou qui te rends compte que tu t’es mal préparé, pour vivre ces jours saints : « Entre, viens, n’aie pas peur, ne regrette rien.
  • Tu es l’Invité : l’important c’est que tu sois présent : la seule chose que Jésus te demande : « M’aimes-tu ? Acceptes-tu de m’accompagner tel que tu es, aujourd’hui ? » « Me ferez-vous l’honneur de venir durant 15 jours à la grotte ? » disait Marie à Bernadette de Lourdes.
  • « Toi, oui, toi, nous dit Jésus, me feras-tu la joie de me suivre humblement, dans ce que je vais vivre … pour toi, et pour tous ceux que tu aimes et cherches à aimer mieux et davantage. Suis-moi : en mettant simplement tes pas dans mes pas, je te le promets : tu grandiras en amour, dans l’art d’aimer. Par contagion. Tu n’as rien à faire, sinon d’accepter d’être là. C’est moi qui ferai. Laisse-toi aimer par moi.
  • Alors, puisque tu auras participé de ma vie livrée, tu participeras de mon … matin de Pâques.
  • Et tu verras la vie plus forte que la mort, l’amour plus fort que la haine. Et tu seras perfusé de la joie, de ma joie d’aimer.
  • Tu expérimenteras à ma suite quelque chose de la résurrection, de ta résurrection greffée sur ma Résurrection. » « Vous allez pleurer, vous lamenter, mais votre peine se changera en joie, et votre joie nul ne vous l’enlèvera. » « Je vous ai dit tout cela pour […] que vous soyez comblés de joie. »

(La Passion, une lettre d’Amour)

  • Apprenons à recevoir tous les textes de l’Ecriture de ces Jours Saints comme des lettres d’amour que Dieu nous a adressées, bouleversantes.
  • Nous plongerons alors avec Le Christ dans les événements-mêmes qu’Il va vivre.
  • Tel Simon de Cyrène : accepterez-vous de suivre Jésus, juste derrière lui, pour l’aider à porter Sa Croix ? Cependant, ce n’est pas Sa croix : c’est Lui, en réalité, qui est en train de vous soulager de votre propre croix sans que vous le sachiez, ou le compreniez.
  • Jésus plonge dans mes peurs, dans mes échecs, dans mes trahisons (subies ou commises), dans tout ce qui me défigure jusqu’à prendre sur Lui ma propre défiguration : « Il n’avait plus visage d’homme » dit l’Ecriture. S’il n’avait plus visage d’homme, c’est parce que nous n’avions plus visages d’homme. « Il s’est fait péché pour nous » dira St Paul. C’est-à-dire qu’il a pris sur Lui toutes les conséquences de nos péchés, sans avoir commis un seul péché.
  • Il vient souffrir avec nous (pour nous en soulager) tous les effets et conséquences tragiques de nos fourvoiements, de nos folies, de nos orgueils, destructeurs en tout premier lieu de nous-mêmes. C’est comme si le Visage du supplicié devenait le miroir de notre être profond, le miroir de mon âme.
  • Jésus avec le Père ne s’est pas résigné à nous laisser payer le prix de nos errances, de nos péchés. Il nous aime trop pour nous laisser subir ce à quoi notre folle liberté, tel un bateau ivre qui aurait voulu jeter à la mer boussole capitaine et gouvernail, nous conduit. Non, l’amour du Père pour sa créature ne peut supporter de nous laisser pâtir de nos fautes. C’est pourquoi, à l’invite du Père, le Fils plonge : c’est la Kénose, l’abaissement intégral du Fils de Dieu se faisant homme comme pour se glisser sous la chape de plomb de nos péchés et nous aider à la soulever.
  • « Le Fils de Dieu a la vie en Lui-même » (Jean 5,26) dit Jésus. C’est pourquoi Lui seul peut se glisser dans nos morts pour nous en libérer en les pulvérisant.
  • Mais pour faire cela, pour réussir cela, il lui faut aller jusqu’au fond de nos morts, jusqu’à mourir Lui-même pour mettre à mort la mort elle-même. Le Vivant vaincra la mort sur son propre terrain, la prenant et la culbutant à son propre jeu. « Mort, où est ta victoire ? » « Le Fils de l’Homme, n’a-t-il cessé d’annoncer, va être mis à mort, et le 3e jour il ressuscitera. »
  • Aujourd’hui le récit de l’évangile s’arrête au tombeau bien gardé. Ce que nous avons à être, plus que jamais, c’est des témoins de la vie plus forte que la mort, de l’amour plus fort que la méchanceté ou l’offense. Suivre Jésus, oui, mais jusqu’au bout, jusque dans la résurrection. Pour oser dire à la face du monde que la violence, la souffrance, l’injustice et la mort n’auront pas le dernier mot, car l’homme est destiné à la vie.
  • « Ne nous replions pas sur nous-mêmes, ne perdons pas confiance : il n’y a pas de situations que Dieu ne puisse changer » disait le Pape François à la veillée pascale 2013.
  • Accepte que Jésus puisse entrer dans ta vie, (poursuit le Pape) accueille-Le comme un ami, avec confiance : Lui est la Vie ! Si jusqu’à présent tu as été loin de lui, fais un (petit) pas : il t’accueillera à bras ouverts. Si tu es indifférent, accepte de risquer : tu ne seras pas déçu. S’il te semble difficile de Le suivre, n’aie pas peur, fais-Lui confiance, sois sûr que Lui il est proche de toi, Il est avec toi et te donnera la paix que tu cherches, et la force pour vivre comme Lui le veut. »

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