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      Le retour du fils prodigue ... Devenir Père !

Le retour du fils prodigue ... Devenir Père !

Homélie pour le 4° dimanche de carême.


  • La Providence nous donne d’entendre cet Evangile du Père prodigue alors que nous attendons un nouveau Pape …
  • Le Père prodigue espère le retour de son fils cadet, supplie son fils aîné de rentrer dans la maison ; ainsi en est-il de la mission du Pape et nous prions en cette messe pour notre futur pasteur …
  • Frères et sœurs, cette parabole du Père prodigue en amour ou du fils prodigue pour dilapider le bien nous présente 5 personnages : les deux fils et le Père bien sûr mais aussi un homme, un maître qui envoie le fils cadet garder les cochons ; ce fils cadet se met à son service et atteint là le fond de sa misère ; permettons-nous de dire que ce maître représente Satan nous faisant garder les cochons, sans nous nourrir, l’anti-visage du Père …
  • Et un 5° personnage, un serviteur (et non un maître) à qui le fils aîné demande ce qu’il se passe dans la maison ; ce serviteur lui annonce la bonne nouvelle du retour de son frère.
  • Permettons-nous de voir dans ce serviteur un ange, de ceux qui se réjouissent quand un seul pécheur revient vers Dieu.
  • Ainsi entre Satan l’ange de lumière qui asservit et les anges des cieux nous voici situés dans une parabole d’une immense profondeur et invités par la conversion à faire un choix.
  • Pour scruter cette parabole je reprendrai ces 3 visages, ceux des 2 fils et celui du Père, pour nous faire découvrir que nous sommes tour à tour le fils cadet et le fils aîné, mais plus encore pour nous amener à ressembler au Père, car telle est notre vocation ultime : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ».

Le fils cadet …

  • Il était perdu …
  • Avant de le décrire comme un pécheur, c’est un enfant perdu, qui ne sais plus où il en est ; dans le célèbre tableau de Rembrandt décrivant cette scène le fils cadet repose dans une paix enfin retrouvée sur le cœur de son père. Il était perdu, mort dit le Père ; il est "enfin" retrouvé, il s’est retrouvé.
  • Car ce fils est un jour parti, souhaitant ainsi, plus encore affirmant ainsi la mort de son père.
  • Il lui a demandé la part de bien qui lui revient : littéralement la part de vie (ton bion).
  • Quitter la maison est plus qu’un événement historique lié au temps et à l’espace ; c’est le refus de la réalité spirituelle à laquelle j’appartiens avec chaque fibre de mon être, de Dieu qui me tient en sécurité dans une étreinte éternelle, qui m’a gravé dans la paume de ses mains et caché sous son ombre …
  • Quitter la maison signifie ignorer que Dieu m’a « façonné dans le secret », c’est vivre comme si je n’avais pas déjà une maison, qui est le centre de mon être où je peux entendre Dieu me dire : « Tu es mon fils bien-aimé ».
  • Quitter la maison c’est quitter le seul lieu où je peux entendre cette voix …
  • Cette voix qui est douce et non bruyante … Comme celle qu’Elie entendit dans la grotte.
  • Mais il y a tellement d’autres voix … D’autres voix qui me disent que je ne suis pas aimé et que je le serai ailleurs …
  • Je me rends compte que je ne suis plus dans la maison lorsque la colère, la rancune, la jalousie, la peur, la cupidité, le désir de vengeance m’envahissent …
  • Tant que je passe mon temps à courir, tant que je dépends des « si » (je t’aime si tu es beau, riche, intelligent … ) cela est signe que j’ai quitté la maison.
  • Le retour du fils dans le tableau de Rembrandt est celui d’un prisonnier à la tête rasée dont le nom a été remplacé par un numéro, dont les vêtements sont des sous-vêtements qui couvrent à peine le corps émacié, dont la plante de ses pieds raconte l’histoire d’un long et humiliant voyage. C’est aussi la tête d’un nouveau-né qui enfin peut naître à la vie.
  • Il cherche une survie ; il pense ne pas mériter d’être appelé fils ; il cherche à se nourrir ; il ne croit pas au pardon sans limite du père.
  • Nous ne savons pas si le fils va accepter pleinement le pardon de son père, s’il va accueillir enfin sa vocation de fils. La parabole ne nous le dit pas.
  • Pour cela regardons Jésus …
  • Dans ce fils cadet, dans ce jeune homme brisé, agenouillé devant son père, nous pouvons contempler l’agneau de Dieu qui prend sur lui les péchés du monde …
  • Devenu semblable aux hommes Jésus est le fils prodigue du Père prodigue …
  • Le corps brisé du prodigue est le corps brisé de l’humanité entière, est le corps brisé du fils de Dieu qui sur la croix s’écrie : « Père en tes mains je remets mon Esprit … »
  • Jésus qui porte le péché du monde, qui s’est fait péché pour nous nous montre comment le fils prodigue que nous sommes peut revenir se blottir sur le sein du Père : en lui donnant la plénitude absolue de notre confiance, en étant totalement entre ses mains …

Le fils aîné …

  • « Appelant l’un des serviteurs il s’enquit de ce qui se passait » ; il éprouve la peur d’être exclu ; par avance il prend un défenseur avec lui ; il pressent la vérité ; il se sent immédiatement exclu …
  • Il regarde le père mais sans joie …
  • Il est écrasé par la vie qu’il mène ; l’obéissance et le devoir lui sont un fardeau « je n’ai jamais transgressé un seul de tes ordres ».
  • Il était apparemment vertueux mais tout à coup est dévoilé en lui et autour de lui sa rancune, son orgueil, sa tristesse, son enfermement, son manque de louange, sa jalousie, ses murmures et ses plaintes.
  • Si le fils cadet est rentré dans la maison, le fils aîné en est incapable.
  • Il est bien plus difficile pour le fils aîné de reposer sur le sein du Père que pour le fils cadet. Terrible pauvreté et détresse de ce fils aîné …
  • Le père veut le retour du fils aîné … Il le supplie de rentrer.
  • Il l’appelle avec tendresse mon enfant … Il lui fait une déclaration d’amour inconditionnelle … Tout ce qui est à moi est à toi …
  • Regardons Jésus ...
  • Le véritable fils aîné est Jésus ; seul Jésus fils aîné du Père peut sauver en nous le fils aîné qui sommeille ; Jésus vient nous libérer du ressentiment …
  • Jésus est louange, infini reconnaissance, action de grâce, offrande envers son Père ; chaque Eucharistie nous entraine dans sa louange infinie …
  • « Tout ce qui est à moi est à toi » exprime la véritable relation être le Père et Jésus …
  • Ainsi Jésus est le fils cadet sans la révolte ; le fils aîné sans la rancune …
  • Ainsi Jésus guérit, sauve, en nous, le fils cadet et le fils aîné ...
  • Il obéit en toute chose au Père sans être esclave … Il est libre. Il tourne son regard vers le Père. Contemplons le Père de la parabole ...

Le visage du Père …

  • Un Père presque aveugle … Pleurant de tendresse …
  • Dont les mains sont bénissantes … Dans le tableau de Rembrandt, celle d’un père et celle d’une mère pour mieux dire toute la tendresse et la force de Dieu.
  • Le Père restaure le fils dans sa dignité d’héritier en lui mettant la plus belle robe, des sandales au pied et par le don d’un anneau …
  • Il se réjouit profondément …
  • Est-ce que je veux être le père ? Non seulement être le fils à qui on pardonne mais être celui qui pardonne …
  • Je ne peux pas pointer du doigt mon père toute ma vie pour m’excuser ou expliquer les échecs de ma vie … Je suis appelé à être père …
  • A accueillir avec joie les pécheurs … A donner sans espérer de retour …
  • En étant véritablement fils, aimé sans condition, je peux devenir père …

Le Père de la parabole nous montre trois chemins pour être véritablement père : par la souffrance, le pardon et la générosité …

  • Le père a souffert …
  • Quand il vit le fils cadet il fut saisi de pitié et courut vers lui, signe de cette souffrance .
  • La souffrance me demande de laisser les péchés du monde transpercer mon âme …
  • Le coeur de la Vierge Marie fut transpercé d’un glaive ; au pie de la croix elle devint véritablement mère ...
  • La souffrance est le prix douloureux de la liberté sans laquelle l’amour ne pourra fleurir …
  • Pour devenir comme le père je dois verser d’abondantes larmes ; une grande part de la prière consiste à pleurer …
  • Le 2° chemin de la paternité spirituelle est le pardon …
  • C’est grâce à un pardon sans cesse répété qu’on devient père … Un pardon sans condition …
  • En dépassant les arguments qui me disent que le père est bonasse, que cela n’est pas sage, que je serai lésé …
  • En dépassant mes peurs, le mur de l’orgueil et du désir de contrôler …
  • Le 3° chemin pour devenir comme le Père c’est la générosité …
  • Le Père se dépouille totalement pour ses fils … Tout ce qui est à moi est à toi …
  • Il ne donne pas plus que ce que l’on peut raisonnablement attendre de lui : il se donne lui-même …
  • Je suis appelé à donner le meilleur de moi-même …
  • Sans peur ou convoitise ou recherche de pouvoir ou intérêt personnel …
  • La souffrance, le pardon et la générosité sont donc les 3 chemins par lesquels l’image du Père peut grandir en moi.
  • Il y a alors un creux, un espace dans cette expérience de paternité car rien "n’oblige" les enfants du Père à être là, avec lui ; je peux là y accueillir n’importe qui sans le condamner, et lui offrir l’espérance. Je peux par cette paternité qui a foi en Dieu engendrer dans la foi. Je peux par cette paternité rassembler dans la charité.
  • C’est cette mission de paternité que notre futur Pape, papa, père, va accueillir, devenant père, roc pour l’espérance, la foi et la charité.

Nous prions pour qu’un pape soit ainsi engendré en sa paternité.

  • Frères et sœurs, permettez-moi pour conclure de dire un mot de notre autel qui a été transformé.
  • Construit avec une forme de table cela avait été caché par une nappe il y a environ 10 ans car l’autel est plus qu’une table.
  • Nous avons donc apposé cette pierre représentant la cène, pierre qui est celle de l’autel d’origine de notre église et qui était depuis le changement d’autel dans la chapelle du Saint-Sacrement.
  • Ainsi nous voyons que notre autel signifie à la fois le jeudi saint par la table qui nous rassemble ; le vendredi saint par cette même pierre supérieure qui signifie le lieu du sacrifice ; et le dimanche de Pâques par la pierre inférieure qui signifie le tombeau, lieu de l’ensevelissement et de la résurrection.
  • Permettez-moi de voir dans la table du jeudi saint l’invitation à la louange pour les fils aînés que nous sommes ; de voir dans la pierre du sacrifice l’invitation à abandonner notre péché, celui des fils cadets que nous sommes, dans une confiance radicale pour remettre notre âme dans les mains du Père et de voir dans le tombeau d’où jaillit la vie la grâce d’engendrer à notre tour à la vie par nos paternités.
  • En ce temps du carême puissions-nous entrer dans la maison du Père par notre conversion, par la grâce de cette Eucharistie, pour exercer notre paternité. Amen.

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