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      Homélie pour le 26° dimanche du temps ordinaire

Homélie pour le 26° dimanche du temps ordinaire

Un merveilleux appel à la tendresse, à la bonté et à l’attention jaillit de la parabole de Lazare ! Seigneur, apprends-nous à voir et à aimer Lazare, celui qui est souvent si proche de nous ; et aussi celui qui est en nous !


Homélie pour le 26° dimanche du temps ordinaire (Année C)

Chers frères et sœurs,

  • Comme cette parabole de Jésus est dure à entendre, déroutante, provocante … Elle présente deux difficultés :
  • D’abord bien sûr elle nous interroge sur ces « Lazare » qui sont si nombreux autour de nous et qui bien souvent provoquent en nous un sentiment de culpabilité car nous ne savons pas comment faire pour les aider ou peut-être nous ne voulons pas prendre soin d’eux ou pire encore que nous ne les voyons pas car nous serions devenus sourds et aveugles.
  • Il ne s’agit pas aujourd’hui de se culpabiliser davantage pour la plupart d’entre nous qui nous nous préoccupons de ceux qui sont en situation de souffrance mais de savoir comment agir envers eux, comment mieux agir envers eux, et pour cela comment nous convertir ; mais peut-être pour certains aussi - gardons la dimension très provocatrice de cette parabole – il s’agit tout simplement de nous secouer. Car l’enjeu est de taille, celui du salut éternel.
  • Et c’est là que se situe la 2° difficulté de cette parabole qui nous heurte, c’est qu’elle touche au jugement dernier, à l’enfer, ne disons pas qu’il n’existe pas puisque Jésus en parle, à ce grand abîme entre ceux qui sont entourés par Abraham et ceux qui souffrent au séjour des morts.

Cette parabole nous concerne tous  ; même si beaucoup se disent qu’ils aident des « Lazare », qu’ils ne sont pas complètement aveugles et sourds comme cet homme riche qui ne voit rien ; car les « Lazare » sont nombreux : ceux qui manquent d’argent certes, mais aussi ceux qui n’ont pas d’amis, pas d’enfant, pas d’amour, pas de travail, pas de santé, pas de liberté, pas d’avenir, pas d’espérance, pas de sens … Ceux qui n’ont pas Dieu. Et tous nous passons à côté de ces « Lazare » sans les voir. Ou plus simplement encore dans bien des rencontres nous ne sommes pas vraiment attentifs, disponibles, à l’écoute de celui que nous rencontrons, centrés sur nous-mêmes.

-* La parabole qui vient nous réveiller nous présente donc un pauvre, Lazare, qui a un prénom alors que le riche n’en a pas, un prénom pour être rencontré, interpellé ; un prénom qui signifie « Dieu vient en aide ».

  • Le riche lui a 5 frères ; 5 frères dont il veut prendre soin en demandant qu’ils soient avertis de se convertir pour échapper à la souffrance du séjour des morts ; c’est une belle réaction de cet homme ; ils sont donc 6 frères ; ce chiffre « 6 » dans la Bible dit l’incomplétude, il leur manque un frère, un 7° ; il leur manque Lazare, il leur manque le Christ c’est tout un.

Le grand enjeu de cette parabole c’est de pouvoir être averti, réveillé.

  • Le riche demande à ce qu’un mort ressuscite pour que ses frères se convertissent ; il demande un signe fort, extraordinaire ; pour celui qui écrit l’Evangile le Christ est déjà ressuscité et pourtant tous les hommes ne sont pas convertis ; Jésus d’ailleurs l’annonce par avance : « Quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts, s’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes ils ne seront pas convaincus ».
  • Alors que faire pour être converti ? Pour être averti avant que le jugement ne soit donné ?
  • Je vous propose 3 chemins pour cela.

Le premier est très clair dans cette parabole, souligné par deux fois : Il s’agit d’écouter Moïse et les prophètes.

  • Vous voyez que cette parabole ne veut pas d’abord nous entraîner dans la culpabilisation mais nous convertir de l’intérieur.
  • Ecouter la Parole de Dieu car elle nous dit ce qui est bon, elle est tranchante comme un glaive, elle nous rappelle la place du pauvre ; mais plus encore se mettre en situation d’écoute, de disponibilité intérieure, d’attention. La lectio divina, c’est-à-dire la lecture priante de la Bible nous rend capable peu à peu d’attention à ceux qui nous entourent.
  • Vous vous rappelez qu’à la fin de l’Evangile deux hommes marchaient avec Jésus sans le reconnaître, sans prêter attention à lui, pris par leurs fausses espérances ; cet homme Jésus était pauvre au fond, car il n’était pas reconnu pour lui-même, pour ce qu’il avait fait, donner sa vie, mourir sur la croix ; cela avait complètement échappé à ces deux hommes …
  • Alors Jésus va leur dire : « Ô cœurs sans intelligence, lents à croire … » Et en commençant par Moïse et les prophètes il leur montra combien la Parole de Dieu le désignait …
  • Ecouter Moïse et les prophètes : c’est aussi ce que Jésus dit aux Onze quand il apparaît au milieu d’eux et que ceux-ci ne croient pas que Jésus soit ressuscité, là, vivant, en chair et en os …
  • Ecouter Moïse et les prophètes nous rend capable d’entrer dans le projet de Dieu, dans l’Histoire avec un grand « H » et non de rester replié sur nos petites histoires comme ce riche qui est dans sa bulle, qui ne voit rien, pour qui le bonheur est devenu un poison qui l’a endormi …
  • Ecouter Moïse et les prophètes c’est accueillir notre propre histoire, c’est en découvrir le sens, la finalité.
  • Ecouter Moïse et les prophètes c’est nous permettre de reconnaître le Ressuscité, c’est-à-dire que la vie nous est donnée ! Et si la vie nous est donnée alors nous n’avons plus peur de perdre notre vie, de la donner ; nous ne sommes plus obligés de cesse compter pour savoir si nous pouvons donner plus ou moins.
  • Le premier chemin pour rencontrer le pauvre c’est donc la prière, la lecture de la Parole de Dieu, l’accueil du projet de Dieu sur nous-mêmes et sur nos frères.

Le 2° chemin c’est de reconnaître que nous sommes pauvres.

  • Spontanément quand nous lisons cette parabole, par un réflexe qui nous porte toujours à la culpabilisation et par là à nous protéger, nous nous situons comme étant le riche. La culpabilisation ne peut nous convertir ; elle est même souvent, à l’inverse, une manière de rejeter l’enseignement entendu.
  • Se dire riche, cela crée un abîme entre nous et Lazare.
  • Mgr Podvin dans un commentaire de cette parabole raconte qu’il était toujours dérouté lorsqu’il la lisait ; inquiet à l’idée de devoir prêcher sur ce texte.
  • Il raconte alors qu’il visitait un ami, atteint d’une grave maladie, en fin de vie ; il était celui qui le visite ; il écrit : « J’occupais nos dialogues avec ce qui ne fait que passer. Je ne voyais pas que le riche c’était lui dans son dépouillement, dans sa Pâque vers la Vie surabondante … Je me croyais heureux d’être préservé de son mal.
  • Je consentis enfin à « être reçu » par mon frère bien plus qu’à lui rendre visite. »
  • Ce qui nous empêche de rencontrer le pauvre c ‘est que nous ne consentons pas à reconnaître que nous sommes d’abord nous aussi un pauvre qui a besoin de recevoir.
  • Comme ce riche qui a besoin d’une seule goutte d’eau, d’un peu de tendresse.
  • Pour rencontrer Lazare il faut découvrir que je suis moi aussi un Lazare.

Enfin, 3° chemin que cette parabole nous montre c’est un appel à la responsabilité en raison de ce qui est dit sur le jugement dernier.

  • Le Pape Benoît XVI dans son encyclique sur l’espérance a beaucoup parlé de ce jugement car cela est source d’espérance.
  • Nous ne pouvons pas nous dire que tout sera pardonné de manière automatique, sans demande de notre part, comme si rien n’était grave (remarquons d’ailleurs que le riche de la parabole ne demande pas pardon) ; cela serait du mépris de Dieu car cela serait un mépris de notre dignité et de notre capacité à faire le bien ; ce que Jésus nous dit du jugement dernier montre que Dieu croit en nous, nous rend capable de faire le bien, nous empresse à la conversion, est attentif à la justice … Cette parabole vient nous avertir en faisant appel à notre responsabilité, c’est-à-dire à notre capacité de voir et de prendre soin de Lazare.

Frères et sœurs cette parabole qui est sévère est en fait un merveilleux appel à la bonté, à la tendresse.

  • Elle est d’abord un appel à un chemin de conversion pour que les abîmes entre les hommes puissent se rejoindre grâce à sa croix qui est le grand pont entre nous ; le Christ est le grand Pontife ; ne moralisons pas cette parabole car en la moralisant nous la rejetons aussi vite ; au contraire, accueillons-la, relisons-la dans les jours qui viennent, cherchons à l’écouter vraiment pour qu’elle porte son fruit en nous, nous rende capable d’aimer, non pas demain car il sera trop tard, mais aujourd’hui.
  • Il s’agit souvent, comme le demande le riche, d’une simple goutte d’eau, une goutte d’eau qui apparemment ne sert à rien, mais est pourtant si précieuse. Demandons au Seigneur que sa grâce nous aide à vivre de cette parole.
  • Amen !

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