Paroisse Saint-Pothin
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      Merci à vous les femmes !

Merci à vous les femmes !

Homélie pour le 32° dimanche du temps ordinaire.
La veuve de l’Evangile en donnant ses deux piécettes donne tout. Jésus l’admire ; saurons-nous l’admirer et la suivre ?


  • Frères et sœurs bien-aimés,

Ce court passage de l’Evangile de Saint Marc oppose un homme suffisant et une femme, qui plus est une veuve ; or nous savons que les veuves à l’époque du Christ dépendent totalement de la générosité des hommes.

Je voudrais commencer par ce regard sur l’homme et la femme ; il y a beaucoup de femmes dans l’Evangile et dans toute la Bible : depuis Elisabeth et Marie, jusqu’à toutes celles qui suivent Jésus, la femme adultère, cette pauvre veuve, la samaritaine, celles au pied de la croix…

Or, nous constatons que si Jésus dénonce souvent le péché des hommes, péché de pouvoir, d’orgueil, il ne le fait jamais des femmes.

Je voudrais éclairer cela par ce qu’a dit le Concile Vatican II aux femmes :

« … L’heure vient, l’heure est venue où la vocation de la femme s’accomplit en plénitude, l’heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu’ici. C’est pourquoi, en ce moment où l’humanité connaît une si profonde mutation, les femmes, imprégnées de l’esprit de l’Evangile peuvent tant pour aider l’humanité à ne pas déchoir. Vous femmes, vous avez toujours en partage la garde du foyer, l’amour des sources, le sens des berceaux. Vous êtes présente au mystère de la vie qui commence. Vous consolez dans le départ de la mort. Notre technique risque de devenir inhumaine. Réconciliez les hommes avec la vie. Et surtout, veillez, nous vous en supplions, sur l’avenir de notre espèce. Retenez la main de l’homme qui, dans un moment de folie, tenterait de détruire la civilisation humaine… »

Concile Vatican II. Message aux femmes

Sans figer la femme dans le foyer, il y a quelque chose chez la femme de l’ordre de l’accueil, de la confiance, lié à ce mystère de la vie.
Et il s’agit alors pour la femme d’aider l’homme dans cette ouverture à la vie.

Reprenons notre Evangile :

  • Il s’agit donc d’hommes riches et d’une femme pauvre,
  • d’hommes savants, des scribes qui sont des savants et une femme qui très certainement n’a pas beaucoup de connaissance,
  • d’hommes qui cherchent à se faire remarquer et d’une femme qui discrètement pose un geste tout simple,
  • d’hommes qui donnent de leur superflu et d’une femme qui donne de son indigence, de ce qui lui est nécessaire pour vivre.

Des premiers, Jésus dit « Méfiez-vous » ; de la seconde, il est admiratif.

Commençons par nous réjouir de ce regard admiratif du Christ. Jésus était assis, voyant les foules venir déposer de l’argent dans le tronc du Temple ; il a son temps ; il regarde, il observe ; et il voit cette veuve.

Jésus repère toujours les gens invisibles dans la foule  :

  • Lévi, près du bureau des impôts,
  • Zachée sur son arbre,
  • la veuve qui met son argent dans le trésor du Temple,
  • le jeune homme riche et il l’aime.

On ne peut inventer de châtiment plus diabolique que d’ignorer totalement quelqu’un… La plus cruelle des tortures est un soulagement en comparaison de cela.

Benoît XVI écrit dans Deus Caritas est : Si je vois avec les yeux du Christ, je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires : je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin ».

Un petit enfant de 8 ans devait partir à l’âge pour aller en pension ; la veille de son départ, il fit le tour du village pour écrire sur les pas des portes : « Souvenez-vous de moi ». Sa crainte était qu’on l’oublie …

Notre Dieu n’oublie aucun de ses enfants : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierais pas. Vois, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains… « (Is 49).

Et cette pauvre veuve croit cela ; alors elle donne de son indigence. * Et Jésus l’admire.

Il nous est bon nous aussi de savoir admirer tous ces gestes simples, quotidiens, faits dans la discrétion, avec humilité, sans même se regarder ; je pense à tant et tant de personnes âgées qui prennent soin de leur épouse ou de leur épouse, ou veuf ou veuve, de leur maison, de leurs voisins, de leurs enfants. Jésus voit cela. Il admire. C’est un retour au texte du début de la Genèse : Dieu vit que cela était bon.
Combien nous aussi nous avons à apprendre à admirer, à partager notre admiration à ceux qui nous entourent, à nous réjouir en profondeur, de tout ce bien qui est fait et qui ne fait pas de bruit.

Mais allons un peu plus loin et cela devient radical, exigeant :

Jésus admire cette veuve parce qu’elle a tout donné, ce qu’elle avait pour vivre, alors que les scribes donnent de leur superflu, donnant comme on le dit, de la main droite pour reprendre de la main gauche, cherchant leur récompense.
Tout donner, voilà ce dont cette veuve est capable, comme celle qui servit le prophète Elie. Car aimer, c’est tout donner. Celui qui n’a pas tout donné, n’a rien donné.

Il est éclairant de comprendre que ce passage dans l’Evangile de Saint Marc précède immédiatement l’entrée du Christ dans sa passion.

Cette veuve, Jésus nous la présente pour décrire ce qu’il va vivre :

  • entrer dans le Temple, dans le sanctuaire de son Père et tout donner,
  • donner tout ce qu’il a pour vivre, sa vie, tout ce qu’il est,
  • sans que cela se sache, sans que cela soit compris,
  • ou pire encore en sachant que cela sera compris comme un geste dérisoire,
  • un geste manifestant l’échec,
  • un geste qui condamne même tout ce qu’il a pu faire espérer.

Jésus se voit dans cette veuve ; il l’admire car d’une certaine manière elle le précède, elle lui montre la route, elle l’entraîne dans son don.

Où est la clé de tout cela ? Comment cette pauvre veuve a-t-elle pu tout donner ? Comment le Christ Jésus va-t-il pouvoir tout donner ?

Il me semble que la réponse tient toujours en ces mots : finalement on ne donne rien puisque l’on a tout reçu ; notre vie ne se passe pas à donner ou ne pas donner, mais à rendre ou ne pas rendre  ; celui qui rend sait qu’il a reçu : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu ? » s’exclame Paul. Celui qui a reçu sait qu’il recevra encore, en son heure ; car il a les mains ouvertes ; non pas fermées en se demandant ce qu’il va donner, si ce qu’il lui restera suffira, mais ouvertes car recevoir et rendre c’est tout un, c’est un même mouvement.

Au fond celui qui rend a découvert que Dieu est Père ; et cela lui suffit.

Nous pouvons traduire le fait de « rendre » par le verbe « donner » ; cela dit notre grandeur ; mais disons alors aussi que ce que nous ne nous donnons pas nous le volons …

Frères et sœurs, l’Eucharistie, à la suite du Christ, consiste à tout donner, à rendre grâce, à rendre notre vie comme une rançon dérisoire …
Cela pourrait s’arrêter là et ce serait déjà merveilleux : dire merci pour notre vie ; mais de cette pauvre rançon qu’est notre vie le Christ va nous donner son corps, cadeau inouï, immérité pour nos pauvres vies qui peinent à se fendre à la grâce …

De notre pauvre vie donnée, « rendue » le Seigneur va tout nous donner. C’est cela que la pauvre veuve croit.

Merci à vous les femmes qui nous montrez le chemin de l’Evangile !

Amen.

Pour poursuivre la méditation de cette page d’Evangile un beau texte du Patriarche Athénagoras :

Guerre à soi même

  • Il faut mener la guerre la plus dure
  • qui est la guerre contre soi-même.
  • Il faut arriver à se désarmer.
  • J’ai mené cette guerre pendant des années,
  • elle a été terrible.
  • Mais je suis désarmé.
  • Je n’ai plus peur de rien,
  • car l’amour chasse la peur.
  • Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison,
  • de me justifier en disqualifiant les autres.
  • Je ne suis plus sur mes gardes,
  • jalousement crispé sur mes richesses.
  • J’accueille et je partage.
  • Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.
  • Si l’on m’en présente de meilleurs,
  • ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons,
  • j’accepte sans regrets.
  • J’ai renoncé au comparatif.
  • Ce qui est bon, vrai, réel,
  • est toujours pour moi le meilleur.
  • C’est pourquoi je n’ai plus peur.
  • Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.
  • Si l’on se désarme, si l’on se dépossède,
  • si l’on s’ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles,
  • alors, Lui, efface le mauvais passé
  • et nous rends un temps neuf
  • où tout est possible.

Patriarche Athénagoras

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