Paroisse Saint-Pothin
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      Homélie du 3 février. "N’est-il pas le fils de Joseph ? ..."

Homélie du 3 février. "N’est-il pas le fils de Joseph ? ..."

Jésus fils du Père ouvre à l’universalité de l’amour et par là à la liberté d’un don inouï.
Il est en même temps enraciné dans une terre et une histoire, fils de Joseph ...

Pour écouter l’homélie : http://saintpothin.fr/3-fevrier-2013-Homelie-du-Pere


N’est-ce pas là le fils de Joseph … ?

Parole d’une brûlante actualité prononcée par les nazaréens qui posent la question de la paternité de Jésus et au fond de ce qu’est la paternité.

  • Cette parole des nazaréens souligne la paternité de Joseph et cela est tout à fait louable ; cependant, et l’ambiguïté arrive vite, puisque c’est le fils de Joseph, se disent-ils, il doit donc nous « servir », il est d’abord « à nous », il doit faire des miracles pour nous.
  • Le Christ récuse cette « prise de pouvoir » car, s’il est le fils de Joseph, il est d’abord le fils du Père.
  • Cela est une constante dans l’Evangile ; dès le début, Jésus « apprend » à ses parents qu’il se doit d’être aux affaires de son Père.
  • Puis lorsque sa mère et les habitant de Nazareth, ceux appelés ses frères, viennent le voir, celui-ci rétorque : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? Ce sont ceux qui font la volonté de mon Père », et il leur apprend à prier en disant « Notre Père ».
  • Plus exigeant encore Jésus dira que pour le suivre il faut haïr son père, sa mère … Et cela toujours pour proclamer la primauté de son Père.
  • Sur la croix Jésus remettra son esprit entre les mains de son Père.
  • D’autres versets pourraient être cités.
  • Jésus insiste donc sur la paternité de son Père du ciel.
  • Et si cela vaut pour lui cela vaut évidemment pour chacun de nous.
  • Ce qui est dit de la famille semble donc mis à rude épreuve et cela ne peut que nous interroger ; la famille selon le Christ ne peut se refermer sur elle-même, se comprendre comme sujette à des lois claniques ; elle se doit d’être ouverte, ouverte à l’universel ; car le Père est le Père de tous et il nous rend frères et sœurs ; la famille ne peut qu’être au service de cette universalité par cette relation au Père. D’où l’insistance de Jésus sur cela en parlant de la veuve de Sarepta et de Naaman le syrien.
  • Cela est une constante essentiel de l’enseignement du Christ ; les conséquences de cela sont très nombreuses et importantes : puisque l’on n’est pas enfermé dans une structure clanique, puisque l’on ne peut mettre la main sur l’autre, puisque l’on est invité à aller vers celui qui est au loin pour en faire son frère, la relation à l’autre va être marquée par un choix, un acte libre, une décision ; et par conséquence le choix de l’autre dans le mariage, par exemple, va se faire par un acte libre impliquant un consentement et un don. Il s’agit de « se choisir ».
  • Les conséquences de cela dans l’Evangile et dans l’histoire du christianisme sont nombreuses et décisives : cette liberté dans le Christ va permettre aux femmes d’être considérées non plus comme sujettes mais comme des êtres libres ; cela va donner aussi place au célibat comme un choix qui exprime ce don à tous manifesté par Jésus dans l’Evangile de ce jour (…)
  • Tout cela constitue la Bonne nouvelle, l’Evangile.
  • Le philosophe Michel Serres sur cette Bonne nouvelle a développé récemment dans différents articles, dans le contexte des débats sur la famille, les conséquences de ce « positionnement » du Christ sur la famille en affirmant que dans le modèle chrétien il ne s’agit plus d’enfanter mais de se choisir, que l’intention prime sur la nature, que l’adoption est le principe de la relation familiale.
  • Mgr Batut a réagi à cela dans un article paru récemment dans « Eglise à Lyon ». Je vous invite à lire cet article auquel je me réfèrerai.
  • En somme les questions sont celles-ci : le Christ semble provoquer un « éclatement » de la famille ; il semble n’être le « fils de Joseph », son père adoptif, que de très loin, manifestant une préférence certaine pour son Père. Est-ce véritablement l’intention du Christ ? Comment alors le Christ est-il en relation avec Joseph, avec sa terre, sa famille de Nazareth et avec le Père ? Quel équilibre entre ses deux « pères », entre son enracinement dans sa terre et son ouverture à l’universel ?
  • Par là nous entendons des questions du débat actuel : faut-il oublier la nature, la nier ou même la combattre (une députée cette semaine affirmant qu’il fallait faire violence à la nature) ; faut-il s’y soumettre ou la soumettre ? A quoi sert cette nature ? Que nous dit-elle et quel sens lui donner ?

Pour répondre à ces questions je m’appuierai sur le mystère trinitaire :

1) Jésus est d’abord le fils du Père.

  • Cela dit très clairement la primauté du spirituel, du Créateur, de la source de toute paternité (cf. Paul aux éphésiens : je tombe à genoux devant le Père de qui toute paternité tire son nom au ciel et sur la terre).
  • Cette primauté ne dit pas une opposition à la nature ; « nous ne sommes pas dans une logique d’opposition entre nature et liberté, mais dans une logique de récapitulation et de transfiguration de la nature dans l’amour » (Mgr Batut).
  • La nature, notre humanité est élevée, fortifiée, guérie par cette source qu’est Dieu Créateur et « re-créateur ». Et cela jour après jour.
  • Le drame d’aujourd’hui c’est que nous avons acquis semble-t-il la liberté mais en oubliant la source.
  • Jésus a appris à ses parents qu’il était aux affaires de son Père ; il s’est ensuite soumis à eux.
  • Nous sommes invités à ne vivre ni dans l’opposition ni dans l’oubli mais dans la reconnaissance de la primauté de Dieu Père. Cela est une exigence pour chacun.
  • Nier cela c’est exactement le même péché que l’antisémitisme et donc aussi grave ; l’antisémitisme étant le refus de reconnaître qu’une source nous précède, que le choix par Dieu d’un peuple nous oblige à recevoir une histoire qui nous précède et qui ne dépend pas de nous, dans laquelle Dieu s’inscrit et par laquelle il nous conduit.
  • Si Jésus est le fils de Joseph il est d’abord le fils du Père ; et sa manière de l’être vraiment c’est de se soumettre à Joseph, librement.

2) Le rôle du Christ.

  • Le Christ va sauver notre nature en lui donnant d’être capable de se donner, en la rendant capable à sa suite d’un don total, jusqu’à verser son sang.
  • La seconde lumière sur notre rapport à notre nature humaine, le Christ nous la donne en passant d’une rive à l’autre (à la rencontre des païens), en allant vers la croix dans le don de lui-même, en s’écriant sur la croix « Père, pardonne-leur … », en livrant son corps sur la croix jusqu’à son sang.
  • Notre nature humaine a besoin de salut pour grandir dans le don gratuit et désintéressé d’elle-même. Elle a besoin du Christ.
  • Celui-ci dans l’Evangile de ce jour marche librement vers la croix ; cela nous est manifesté à travers cette volonté des nazaréens furieux qui veulent précipiter Jésus hors de la ville jusqu’à un escarpement de la colline alors que celui-ci passe au milieu d’eux sans peur ; ce passage au milieu d’eux annonçant sa Pâques, son passage, au milieu des hommes et pour eux …

3) Le rôle de l’Esprit Saint

  • « L’Esprit-Saint est sur moi » vient de dire Jésus au début de ce passage d’Evangile ; cet Esprit Saint qui va « s’infiltrer » dans les cœurs prisonniers, aveugles, opprimés.
  • Cet Esprit Saint va s’infiltrer jusqu’en notre chair pour la faire vivre et « dire Dieu » ; c’est le sens des sacrement et de l’Eglise qui manifeste le visage de Dieu.
  • Dieu aime la chair au point de lui communiquer sa gloire ; Il a voulu passer par les cuisses d’une juive pour venir à nous ; cela s’appelle le Verbe fait chair.
  • C’est le sens du mystère de l’incarnation qui fait dire à Jésus : « Qui me voit, voit le Père ». C’est le sens des sacrements, du sacrement du mariage où Dieu se révèle par l’union de l’homme et de la femme, signifiant l’union du Christ et de l’Eglise.

Voilà frères et sœurs les grands enjeux que chacun de nous peut approfondir et qui nous donne d’entrer dans la profondeur du projet de Dieu.

  • Au-delà des questions qui se débattent aujourd’hui, dont la GPA dont on parle beaucoup et qui n’est que la conséquence ultime de beaucoup d’autres, nous sommes invités à entrer dans la beauté du projet de Dieu.

D’où venons-nous ? Du Père des cieux, Créateur, qui nous aime, qui est la source de notre vie.

Comment pouvons-nous trouver le sens c’est-à-dire la direction de notre vie et avoir la force de l’assumer : avec le Christ qui vient nous accompagner, nous sauver.

Où allons-nous ? Dans la gloire, celle que l’Esprit-Saint fait déjà resplendir en nous.

Voilà ce que Jésus fils du Père est venu révéler aux enfants des hommes !

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