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      Homélie pour le 2° dimanche de Pâques

Homélie pour le 2° dimanche de Pâques

L’inquiétude du coeur de Jésus c’est que nous accueillions sa paix, sa miséricorde ...


Homélie pour le 2° dimanche de Pâques

  • Frères et sœurs, Jésus est présent au milieu de nous et en tous lieux de l’univers ...
  • la 1° lecture a été lue par un suisse, la seconde lecture par une hongroise … Au premier rang de notre assemblée Vérisa-Marie et Yassin-Jean qui étaient païens et ont été baptisés dans la nuit de Pâques … En ce 1° jour de la semaine l’Eucharistie est célébrée en tous points de l’univers ce qui signifie non seulement que l’Eglise est catholique mais en cette fête de Pâques que Jésus est présent en tous lieux.
  • La résurrection de Jésus c’est sa présence en tous lieux jusque dans nos cœurs.
  • Il ne s’agit pas pour Jésus d’apparaître « ici ou là » car il est partout, mais d’être "vu" et accueilli.
  • Car il est là ! Comme pour Marie de Magdala au matin de Pâques qui met du temps à le reconnaître, pour les disciples vers Emmaüs qui mettent du temps à « le voir », pour les apôtres au bord du lac qui s’écrient enfin : « C’est le Seigneur ! ».
  • La fête de Pâques est une fête « discrète » qui déroute, effraie même nous disent les Evangiles, demande du temps en tout cas ; car Jésus ne peut pas apparaître « de l’extérieur », en surplomb, mais veut nous rencontrer dans notre intériorité, nous donner de « le voir », de le reconnaître, de découvrir qu’il est là, ce qui passe par un itinéraire, un bouleversement, une transformation.
  • Heureux ceux qui croient sans avoir vu car voir exige toujours la foi !

Or ce qui va hâter cette reconnaissance c’est la contemplation de la miséricorde du Seigneur.

  • En ce 2° dimanche de Pâques, c’est cette miséricorde que nous regardons.
  • Prenons le temps de goûter cette miséricorde …

1/ Que fait Jésus ressuscité ? Il va parler à ses Apôtres.

  • Sa première parole est une parole de paix : il demande pour eux la paix (par 3 fois dans l’Evangile de ce jour).
  • → Jésus vient rejoindre ses apôtres au fond de leur peur, de leur culpabilité.
  • → Il aurait pu leur reprocher leur manque de foi, leur infidélité.
  • → Mais sa première préoccupation est de pacifier leur cœur : c’est le premier témoignage de la miséricorde du Seigneur.
  • Parfois, notre premier réflexe, quand nous avons été offensé, blessés, c’est de le faire sentir à l’autre et d’exiger des excuses, de jouer les offensés, de dramatiser en faisant attendre notre pardon : nous sommes prêts à pardonner si l’autre fait au moins mine de présenter ses excuses.
  • Mais là, le Seigneur n’attend pas ; son premier souci est de remettre les disciples dans la paix : elle est belle cette inquiétude de Jésus pour ceux qui l’ont abandonné, lâché. Il veut nous donner sa paix pour le rencontrer.
  • Au temps du jansénisme un prêtre se "réjouissait" car pendant un an ses paroissiens n’avaient pas communié. Or cela est absurde et contraire à l’Evangile ! Et justement, avant de communier, nous recevons la paix du Seigneur et nous communions tout en disant que nous n’en sommes pas digne ...
  • Jésus veut avec insistance que nous accueillions sa paix ; non pas une paix douçâtre, mièvre, qui nous laisse tranquille mais celle de l’assurance de sa présence, de sa miséricorde, de sa force. Son regard de est un regard qui veut à tout prix relever et jamais enfoncer, offenser, emprisonner.
  • Voilà la première leçon sur la miséricorde. Elle dit : je suis inquiet pour toi qui m’as blessé. Comme j’aimerais te réconforter ! Je te donne ma paix !

2/ Non seulement Jésus ne fait pas de reproches mais il fait une deuxième chose : il montre ses plaies : celles de ses mains, de ses pieds, de son côté.

  • → Il ne les montre pas comme un reproche
  • → Mais car elles sont les traces, les preuves de son amour.
  • Elles sont comme un signe de reconnaissance de ce Dieu qui nous a aimés jusque là : jusqu’à se laisser marquer à tout jamais par l’homme.
  • → Nous, nous reprochons à l’autre les blessures qui a laissées :
  • - Jamais elles ne disparaîtront ; il nous a défiguré, il a tout gâché ; je ne m’en remettrai jamais ...
  • - « Voilà ce qu’il m’a dit un jour » ; « voilà ce qu’il m’a fait » ; « ma mère m’a étouffé », « mon mari est parti » ; « rien ne pourra effacer cela » ; « je suis marqué à jamais » ...
  • → Jésus nous apprend un pardon qui est plus fort que toutes les traces infligées.
  • Et, du coup, ces traces deviennent le signe d’un amour qui s’est laissé toucher.
  • Certes, on peut se barricader, se blinder devant les autres. Mais un cœur blessé est aussi un cœur qui accepte de s’ouvrir à l’autre ; Dieu ne se repend pas d’avoir ouvert son cœur aux hommes.
  • Voilà la deuxième leçon sur la miséricorde. La miséricorde dit : oui, tu as laissé des traces sur moi ; mais mon amour est plus fort que ces blessures ; et, du coup, elles sont signes que j’ai su aimer. J’en fait le lieu de mon amour.

3/ Enfin Jésus fait une troisième chose encore plus incroyable : il envoie les disciples.

  • → C’est-à-dire :
  • - qu’il leur redit sa confiance,
  • - qu’il leur donne son Esprit Saint
  • - qu’il les institue ministres de son pardon, ce qu’il y a de plus fort, de plus divin en lui.
  • → Il ne commence pas par régler ses comptes, par vérifier s’ils ont compris la leçon.
  • → il dit au pécheur : ‘va ! Je te confie mes richesses : répands-les autour de toi’.
  • Il dit au pécheur : ‘va ! et donne mon pardon !’
  • C’est la troisième leçon sur la miséricorde. La miséricorde redit sa confiance. Elle fait un acte d’espérance alors que tout la pousserait à la méfiance, ou au moins à la prudence.
  • La miséricorde est imprudente et espère contre toute espérance.
  • Nous avons besoin de réapprendre à vivre de cet amour miséricordieux du Seigneur, de cet amour qui jaillit de son cœur transpercé, qui irrigue le monde et lui donne une vie nouvelle.
  • Cela est si important pour les fiancés, qui sont là avec nous, d’apprendre à vivre de la miséricorde ...

4/ Nous avons à en être les témoins dans un monde qui en a désespérément besoin, un monde souvent enfermé dans le sentiment d’avoir tout raté, dans le sentiment que l’avenir est bouché :

-* → Face à la culpabilité : le monde a besoin qu’on lui fasse connaître le pardon de Dieu.

  • → Face à la honte : le monde a besoin de connaître le pardon des autres.
  • → Face au sentiment d’échec et de dégoût de soi : le monde a besoin qu’on lui apprenne à se pardonner soi-même.
  • Le monde ne croit pas à la possibilité d’un tel amour (comme Thomas ne croyait pas à la possibilité que Jésus soit victorieux de la mort) et il reste emprisonné dans ses blessures, dans ses défaites.

Le monde permet tout et ne pardonne rien ; l’Eglise, Jésus, ne permet pas tout mais pardonne tout …

  • Le monde veut tout justifier, n’acceptant pas un chemin de conversion, faisant croire que tout est blanc ou noir, le blanc étant alors un faux-blanc …
  • Le Christ lui relève, sauve, encourage, ouvre à l’espérance …
  • Cet accueil et cette proclamation de la miséricorde de Dieu est urgent dans un monde qui se durcit, devient alors violent, juge de l’extérieur …
  • Bien sûr la justice doit être exercée vis-à-vis d’actes précis, les péchés de l’homme mais la miséricorde doit aussi toujours être donnée à l’homme qui est plus que son péché …
  • C’est là notre "marque de fabrique", notre identité chrétienne, ce qui dit notre identité : être témoins de la miséricorde de Dieu.

5/Il nous faut pour cela la goûter …

  • Frères et sœurs, ce temps pascal doit nous donner de goûter la présence de Dieu.
  • Comme il est beau et important de prendre du temps pour prier durant ce temps, pour contempler le Christ ressuscité, pour voir ses plaies, pour être et demeurer avec lui.
  • Je voudrais vous encourager fortement à prendre chaque jour un quart d’heure auprès de lui. Il est bon de vivre avec le Ressuscité qui pendant 40 jours marche avec les disciples.
  • Un quart d’heure ! Certains diront que c’est difficile, que c’est beaucoup, mais c’est si essentiel.
  • Si essentiel de vivre dans la foi au Ressuscité ; la foi qui est un acte, un don, une écoute et une réponse, un toucher et un regard, une expérience, une nuit qu’il faut traverser et une lumière qui nous donne de voir plus loin, un combat et un chemin, un engagement ... "Cesse d’être incrédule, sois croyant !"

-* Le danger est que l’action en nos vies prenne la première place, aussi légitime soit-elle ; action sociale, politique qui peut nous emprisonner … Il nous faut laisser à Dieu le soin de nous conduire ; à qui cela sert-il de se fatiguer si l’on ne fait pas la volonté de Dieu ?

Un quart d’heure par jour pour être en sa présence, pour goûter sa paix, celle qu’il veut nous donner, pour accueillir sa miséricorde, pour lire la fin des évangiles et être avec le Ressuscité … Un quart d’heure pour aimer ! Un quart d’heure pour pardonner !

Amen.

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