Paroisse Saint-Pothin
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      Homélie pour le vendredi saint (2013)

Homélie pour le vendredi saint (2013)

Contempler le Christ en croix ...


  • Nous sommes venus voir Jésus en croix. Notre Dieu dans son vrai visage, dans la révélation de son visage.
  • Jamais agonie ne fut si publique. A Gethsémani, au jardin des oliviers, Jésus demande aux disciples de le voir, d’être avec lui. Puis Jésus est arrêté par toute une cohorte à la vue de tous ; conduit devant Pilate, celui-ci le présente à la foule présente à Jérusalem, nombreuse, pour la fête de Pâques et qui le dévisage jusqu’à le dépouiller de ses vêtements ; au milieu de cette foule, il va être conduit vers le Golgotha, pour être exposé publiquement sur une croix, en spectacle. Saint Luc conclut le récit de la passion en disant : « Tous les gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle s’en retournaient en se frappant la poitrine ; tous ses amis se tenaient à distance ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée et qui regardaient.
  • Et Saint Jean conclut en disant : « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ».
  • Aucune intimité dans cette mort. Pourquoi cette mort est-elle si publique ? Pourquoi années après années réentendons-nous ou plus encore revoyons-nous cet évènement de la passion ? Pourquoi dans quelques instants allons-nous par trois fois dévoiler la croix pour l’exposer à tous, puis la vénérer ?
  • Parce qu’il fallait que le péché soit vu, dévoilé : « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ».
  • Notre péché à nous est caché, nous est caché ; même si cela se voit de temps à autres quelques peu, la terre continue de tourner, le soleil de se lever ; rien de grave apparemment.
  • Sur Jésus, ce péché éclate, jusqu’à ce cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; le péché, notre péché manifeste son drame, ses conséquences. Péché qui implique la mort, la séparation d’avec Dieu.
  • Il y aurait de quoi s’enfuir. Nous n’aimons pas voir la mort. Mais nous sommes là, hébétés.

Car avec le dévoilement du péché, il y a le dévoilement de l’amour.

  • Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde les aima jusqu’au bout.
  • C’est cela que nous célébrons ce soir, que nous contemplons, que nous sommes venus voir : l’Amour dévoilé, l’Amour exposé, l’Amour vainqueur jusqu’au bout, qui n’a pas faibli, l’Amour triomphant de la mort et du péché, l’Amour victorieux, l’Amour manifesté, l’Amour qui se donne à voir.
  • Oui, ce soir, nous célébrons la victoire de l’Amour qui s’expose sur une croix à nos regards, sur ce trône étrange pour un roi qu’est une croix.
  • C’est la stupéfaction ; au point qu’un centurion s’exclame : « Oui, vraiment, cet homme est le Fils de Dieu ». Nous sommes hébétés. Avoir transpercé le Fils unique, le Fils de Dieu. Et découvrir jusqu’où il nous a aimés.
  • Jusqu’à mourir ; oui, il est mort ; le roi de l’univers est mort, dans une force et une douceur infinies, par ces mots « tout est accompli », victorieux et remettant l’Esprit. Et nous contemplons Celui qui est mort, par Amour.
  • Nous voyons dans les mains en croix de Jésus toutes nos mains fermées, apeurées, ayant peur de ne pas avoir. Nous avons tant de mal à aimer, à ouvrir nos mains. Nous demandons pardon et la grâce d’ouvrir nos mains.
  • Nous voyons dans les pieds crucifiés de Jésus tous nos refus de nous laisser conduire, d’obéir, de faire confiance, d’aller là où nous ne voulons aller. Nous péchons parce que nous ne nous laissons pas conduire sur le chemin de l’amour passion. Nous demandons la grâce de la confiance.
  • Nous voyons dans le cœur transpercé de Jésus tous nos manques d’amour, de don véritable, de chasteté, d’ouverture du cœur. Nous demandons la grâce d’ouvrir véritablement à la douceur et à l’amour nos cœurs, sans ressentiment, sans rancune.
  • Alors, ce soir, nous qui sommes fatigués par notre péché ; nous qui comme Pierre avons fui, renié, qui avons enfoncé nos clous, posé la couronne d’épines, devant cet Amour, comme Pierre, nous pouvons pleurer ; des larmes de paix et de gratitude, des larmes qui vident notre cœur, des larmes d’un cœur d’enfant qui retrouve l’amour ; c’en est fini, nous sommes aimés, infiniment aimés. Tout est accompli.
  • Dans quelques instants nous allons vénérer la croix ; en la vénérant nous recevrons les fruits de la croix.
  • Et en premier lieu, nous recevons Marie, si intimement liée à la croix.
  • Nous accueillons ce soir Marie, comme notre Mère. Quel cadeau ! Marie au pied de la croix, au pied de nos souffrances, au pied de notre péché même, qui prie pour nous.
  • En regardant la croix, nous pouvons ce soir dire à Jésus notre amour par les aromates de notre cœur, lui qui a soif de nous, particulièrement dans une prière profonde, attentive, pleine d’amour. Le fruit de la croix c’est un amour renouvelé pour le Christ.
  • Plus encore, le fruit le plus grand de la croix, c’est de pouvoir recevoir le corps de Jésus comme Joseph d’Arimathie, corps de Jésus qui ne veut faire qu’un avec nous, ce corps eucharistique si précieux que nous allons pouvoir recevoir dans quelques instants. Regarder la croix nous conduit à recevoir le corps de Jésus sur la croix, au risque sinon d’en rester à l’extériorité.
  • Enfin, en portant fièrement la croix, nous pouvons ce soir comme Nicodème qui était venu voir Jésus de nuit par peur des juifs, nous pouvons comme Nicodème désormais apparaître au grand jour pour défendre notre foi, pour défendre le nom de Jésus, comme il nous a défendus, car nous sommes sans peur. Vénérer la croix, recevoir la croix, c’est devenir les témoins de Jésus.
  • Chers amis, frères et sœurs, à la puissance de son amour, nous allons maintenant confier au Roi du monde 10 intercessions ; par 10 paroles, Dieu a créé le monde, nous dit le livre de la Genèse, par ces 10 intercessions que nous faisons monter vers lui, nous lui demandons ce soir de recréer le monde, de mettre la vie en tous lieux, en toutes personnes ; nous lui demandons de ressusciter tout ce qui est mort. Nous le supplions au cœur de notre péché dévoilé de faire advenir sa Pâques.

Amen !

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