Paroisse Saint-Pothin
http://saintpothin.fr/Homelie-pour-le-dimanche-4-novembre-2018-31o-dimanche-de-l-annee-B
      Homélie pour le dimanche 4 novembre 2018 (31° dimanche de l’année (...)

Homélie pour le dimanche 4 novembre 2018 (31° dimanche de l’année B)

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même ...
Tu n’es pas loin du royaume des cieux ...


Homélie 4 novembre

  • Après bien des rencontres, ces dimanches précédents, une rencontre paisible, celle d’un scribe qui demande à Jésus : qu’est-ce qui est essentiel ? Qu’est-ce qui fait vivre profondément … ?
  • Nous avons entendu la réponse, l’amour de Dieu et du prochain ; je cite le Pape François qui commente cela dans son exhortation sur la sainteté :
  • « Dans l’épaisse forêt de préceptes et de prescriptions, Jésus ouvre une brèche qui permet de distinguer deux visages : celui du Père et celui du frère. Il ne nous offre pas deux formules ou deux préceptes de plus. Il nous offre deux visages, ou mieux un seul, celui de Dieu qui se reflète dans beaucoup d’autres.
  • Car en chaque frère spécialement le plus petit, fragile, sans défense er en celui qui est dans le besoin se trouve présente l’image même de Dieu. En effet avec cette humanité vulnérable considérée comme déchet, à la fin des temps, le Seigneur façonnera sa dernière œuvre d’art. (…) (n°61 de l’exhortation)
  • Le scribe reprend presque exactement ce que Jésus a dit ; il oublie pour dire comment aimer aimer "de toute son âme", c’est-à-dire sa vie, une vie donnée et il ajoute : et tout cela vaut mieux que toute offrande d’holocauste et de sacrifice.
  • Jésus lui dit : Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Autrement dit, il fait son éloge, c’est très bien mais il y a une petite réserve …
  • Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce qu’il manque au scribe ?
  • Plusieurs réponses possibles : il faut maintenant la pratique ; ou, ce qu’il manque c’est d’être un disciple de Jésus ; ou tout simplement il manque la foi : il est impossible pour les hommes d’entrer dans le royaume, d’être sauvé mais cela est possibl pour Dieu …
  • Le scribe a dit : cela vaut mieux que tout holocauste et tout sacrifice …
  • Cela vaut mieux que les sacrifices païens par exemple : je pense aux prophètes de Baal qui pour aller vers Dieu se tailladaient … ou hélas aux sacrifices humains tentative d’aller à Dieu par ses propres efforts … ou comme le dit le scribe l’amour vaut mieux que tous les sacrifices faits au Temple, sacrifices d’animaux …
  • Mais on doit objecter : cela ne peut pas valoir mieux que le sacrifice de Jésus, sa passion, le sacrifice eucharistique, de laisser Jésus nous aimer … C’est cela qui manque au scribe ; tu n’es pas loin du royaume des cieux …
  • L’Eucharistie, le sacrifice de Jésus qui est la source et le sommet de la vie de l’Eglise, nous introduit dans le royaume des cieux …
  • Pour approfondir cela, je fais un détour par une question sur laquelle on s’interroge peu mais que notre société nous renvoie à la figure, la question de la ritualité, plus précisément de la ritualité de la messe …
  • Dans un premier temps on peut dire que la messe a quelque chose de complètement décalé (il nus faut le réaliser !) : dans un monde qui cherche sans cesse la nouveauté et le spontané, où les chaines d’infos et nos portables courent sans cesse après une alerte info la messe c’est toujours la même chose … En tout cas pour l’essentiel et dans le fond de la messe … Quel adolescent ne l’a pas dit … ? Pourquoi venir semaine après semaine dans un même lieu souvent avec un même prêtre qui récite le même texte, déroule les mêmes gestes et rappelle une histoire ancienne … ? C’est assez étonnant la messe quand je regarde la manière dont notre société vit … Bien sûr il y a les chants, les textes de la Parole de Dieu, l’homélie qui change … mais ce n’est pas l’essentiel qui lui reste le même … Pourquoi ?
  • En premier lieu même si notre société cherche la nouveauté (au fond c’est même un nouveau rituel) il faut bien reconnaître que le ritualisme existe plus que jamais …
  • Il y a un rituel dans l’ouverture des jeux olympiques, dans l’intronisation d’un nouveau président, dans un vin d’honneur municipal avec le discours du maire …
  • Il y a des rites pour les passages, pour les anniversaires, pour les fêtes de fin d’année, dans les enterrements de vie de jeunes filles ou de vie de garçon …
  • Il y a des micro-rituels, « asseyez-vous je vous en prie », « comment ça va ? » … Chacun de nous a ses petits rites …
  • Le rite vient relier les hommes, a une dimension de fraternisation, d’où la nécessité des repas …
  • Le rite vient relier le temps aussi, conjurer la mort, avec parfois de l’alcool, faisant entrer dans une dimension verticale …
  • Il ne faut pas dénigrer ces rituels mais reconnaître que certains sont pauvres de sens ou plutôt inachevés ; la dimension horizontale ou verticale de ces rituels a souvent un goût de trop peu qui dit un désir de davantage … Rituels qui souvent aussi laisse le sentiment que ce qui compte avant tout c’est l’égo de chacun …
  • Comme si une messe n’était qu’un rassemblement de copains mangeant le même pain sans croire que c’est davantage que du pain … Repas qui le soir du jeudi saint se termine mal avec l’égo de Judas qui trahit Jésus et celui de Pierre qui marche vers son reniement …
  • Revenons à la messe : rien de narcissique, en tout cas le moins possible, tout est tourné vers le Christ …
  • Au cœur de la messe une parole, toujours la même : Prenez, mangez / Prenez buvez. Ce n’est pas celle du prêtre mais celle du Christ.
  • Evidemment ce sont toujours les mêmes paroles … Car elles sont indépassables
  • Tout le reste de la messe est un écrin qui donne sens et qui prend sens avec ces paroles où Dieu se donne …
  • Alors pourquoi la messe est répétitive : parce qu’elle n’est rien de plus, mais quel sommet et il n’y en a pas d’autres, elle est le don de Dieu ultime, total et définitif, celui de la croix …
  • Non pas un sacrifice de l’homme : le scribe a raison de dire que ces sacrifices sont dépassés mais le sacrifice de la croix, le sacrifice de l’Eucharistie, source et sommet de nos vies …
  • La messe ne peut sortir de ce ritualisme ; car si tout le reste de la messe sauf la consécration devenait spectacle changeant radicalement sans cesse, vous comprenez combien nous en oublierions justement que la messe n’est pas un spectacle mais un rite qui est un don … Un rite qui dit une obéissance à ce que je ne choisis pas mais que je reçois.
  • Au cœur de la messe, la gratuité ; non pas l’utilitarisme ou l’efficacité humaine mais la gratuité du dimanche, la gratuité du don de Dieu, de son amour
  • Au cœur de la messe non pas un quotidien que l’on espère diviniser mais la divinisation du quotidien …
  • Au cœur de la messe non pas un spectacle où le virtuel, l’imaginaire, la nouveauté doivent l’emporter pour nous étonner mais l’acte le plus réel qui soit, celui de Dieu qui se donne. Et cela est toujours étonnant et indépassable, aurore d’un monde nouveau.
  • Au cœur de la messe, Dieu qui se donne réellement et en retour le fidèle appelé à se donner réellement , à participer non pas de l’extérieur mais pleinement.
  • Alors tous nos rituels, nos sacrifices, nos actes d’amour sont appelés à être purifiés et assumés dans la messe … Comme un repas de famille qui se poursuit ou mieux encore qui découle du repas eucharistique, source et sommet de tous les actes de nos vies.
  • Oui, l’Eucharistie est toujours la même extérieurement si je la considère comme un spectacle mais elle est tout sauf un spectacle, elle est la mise en contact avec l’acte indépassable et unique de Dieu qui se donne …
  • Je reviens à l’Evangile et ce qui manque au scribe qui n’est pas loin du royaume de Dieu …
  • Il veut aimer Dieu et son prochain …
  • Je cite le Pape François dans son exhortation sur la sainteté : « Nous ne pouvons pas célébrer le don gratuit de l’amitié avec le Seigneur si nous ne reconnaissons pas que même notre existence terrestre et nos capacités naturelles sont un don. Il nous faut accepter joyeusement que notre être soit un don, et accepter même notre liberté comme une grâce. C’est ce qui est difficile aujourd’hui dans un monde qui croit avoir quelque chose par lui-même, fruit de sa propre originalité ou de sa liberté » (55)
  • Chers frères et sœurs, le commandement de l’amour a aussi ses rites ; du petit bouquet de fleurs offert régulièrement au tendre baiser, du lever de nuit pour ses enfants à l’aspirateur passé là où tout est si vite sali … Cela est comme rituel …
  • Rituel qui peut, comme la messe, lui aussi apparaître comme banal, ennuyeux, avec ses exigences, ses répétitions … Banal qui n’est pas banalisation qui rime alors avec trahison …
  • Chers frères et sœurs c’est bien en aimant, même et surtout dans la banalité (et non la banalisation), que nous ne sommes pas loin du royaume des cieux ; magnificat !
  • Pourtant, comme dans l’Eucharistie, c’est seulement en consentant à recevoir l’autre comme un don, le don de Dieu, et non à le prendre que nous serons dans le royaume …
  • L’Eucharistie est action de grâce, ouverture au don ultime de Dieu …
  • Que nous apprenions aujourd’hui à recevoir Dieu et son amour infini et nos frères et sœurs à aimer, ceux que nous ne choisissons pas toujours, ceux qui nous sont donnés avec un émerveillement et une reconnaissance infini ! Alors nous serons dans le royaume …
  • Amen

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Eglise de France

KTO

Diocèse de Lyon

RCF

Agenda
novembre 2018 :

Rien pour ce mois

octobre 2018 | décembre 2018

Bonnenouvelle.fr

Saint(s) du jour

Lectures du jour

Bonnenouvelle.fr