Paroisse Saint-Pothin
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      Homélie pour le 5° dimanche de carême (année C)

Homélie pour le 5° dimanche de carême (année C)

Femme, où sont-ils donc ? ...


Homélie pour le 5° dimanche de carême (année C)

  • Nous voici au Temple, de bon matin dit l’Evangile, au sortir de la nuit, des ténèbres … C’est donc l’heure du jour nouveau ; voici que je fais toutes choses nouvelles annonçait Dieu dans le livre d’Isaïe. Que va-t-il se passer de nouveau ?
  • Dans ce Temple, comme bien souvent Jésus s’assoit et enseigne ; une scène dramatique, de lapidation, au cœur du Temple, se dessine devant lui ; il va poursuivre autrement son enseignement … Dans la lumière crue du matin, dans la beauté du Temple, tout risque d’aller vite ; une femme a été prise en flagrant délit d’adultère … Elle est condamnée à être lapidée.
  • Un cercle d’accusateurs, des hommes de lois, impossible de s’échapper.
  • Derrière la foule, qui regarde, cette foule incertaine, versatile des rameaux, du vendredi saint …
  • Des hommes de lois donc…
  • Des hommes qui ont la loi avec eux, pour eux, qui mettent la main sur la loi, qui veulent se servir de cette loi pour condamner, justifier la mort, tuer …
  • Une loi pour se montrer fort, puissant, sage …
  • Une loi pour condamner une femme, mais aussi un homme, le Christ.
  • Une loi pour mettre la main sur Dieu source de la loi …
  • Ces hommes de lois, Jésus le sait : ils commettent avec cette loi une forme d’adultère ; en mettant la main sur la loi, en s’en servant pour condamner, écraser, et faire un faux-procès à Jésus pour le condamner, ils sont adultères. Ils font de la loi une idole, un prétexte à leur service et non au service de la vie. Ils ne se laissent pas interroger par elle.
  • Jésus lui écrit sur le sable … Innocent, fragile, vulnérable au milieu de ces hommes, il prend le risque d’être lapidé ... Il le sera bientôt, non pas lapidé puisque ce n’est pas autorisé par la loi romaine en vigueur, mais mis en croix par ces mêmes hommes … Il le sera pour sauver cette femme qui ressemble au fils cadet de la parabole du fils prodigue. Mais aussi pour sauver ces hommes, ces fils aînés.
  • Il écrit sur le sable, sur le sol.
  • On lui demande : Qu’en dis-tu ? On lui demande de se positionner ; il ne répond pas dans un premier temps ; il laisse le silence faire son travail dans les cœurs …
  • Il écrit sur le sable …
  • Peut être que cela évoque un verset de Jérémie qui dit : « Ceux qui se détournent de toi seront inscrits sur le sol car ils t’ont abandonné toi la source des eaux vives ! »
  • Peut-être qu’en écrivant sur le sable il dit la fragilité de la loi …
  • Lui, il écrit une loi nouvelle, plus profonde …
  • Non pas une loi pour être complice du péché et tuer, mais une loi vraiment capable de sauver, qui fait vivre.
  • Non pas une loi dont on se sert pour accuser mais une loi pour libérer.
  • Non pas une loi pour se justifier et demeurer tiède mais une loi pour rendre juste et saint.
  • Non pas une loi écrite sur la pierre mais une loi écrite sur le sable, c’est-à-dire au fond des cœurs.
  • Et toi qu’en dis-tu insistent les hommes de loi … Ils persistaient à l’interroger dit Saint Jean … On imagine qu’ils ont beaucoup crié, interpellé …
  • Après un long silence de Jésus, celui-ci ne répond que quelques mots, des mots qui suffisent, que nous connaissons par cœur : « Celui d’entre vous qui est sans péché qu’il soit le premier à lui jeter la pierre … »
  • Cela suffit … Rien de plus … Cela aussi est dans la loi … Or nul n’est sans péché …
  • Il se baisse à nouveau … Il respecte ses adversaires, ceux qui le dénoncent … Il ne les regarde pas partir …
  • Silence cette fois-ci du côté de ces hommes qui criaient, dénonçaient …
  • Ils ne peuvent pas condamner. Ils n’ont donc plus rien à faire, du moins pensent-ils ainsi.
  • Ils ne peuvent condamner mais ils en veulent à Jésus. Car s’il n’y plus de condamnation possible, où va-t-on ? Je vous le demande …
  • La suite de l’Evangile, relisez le chapitre 8 de Saint Jean, nous montre que leur hargne, leur colère et leur décision de vengeance ne fait qu’augmenter …
  • Alors ils s’en vont, un à un, en commençant par les plus anciens. Le cercle se défait.
  • Or, ils auraient pu, ils auraient dû rester devant Jésus et se reconnaître pécheurs ; mais c’est gênant ; alors ils s’en vont discrètement, avec tous les adultères qui habitent leur cœur, autrement plus lourds que les pierres qu’ils laissent …
  • Ces hommes, devant la réalité du péché n’avaient en fait qu’une chose à proposer : la mort …
  • La femme, elle, est pécheresse, et elle le sait bien puisque son péché est public ; elle, elle reste près de Jésus, le Vivant. Elle et Jésus en sont étonnés, surpris … J’imagine là un sourire de bonté entre eux deux …
  • Pourquoi Jésus ne la condamne-t-il pas ? Parce qu’elle ne fuit pas ; parce qu’il a vu dans le cœur de cette femme qu’elle se reconnaissait humblement pécheresse et qu’elle avait besoin de cet amour de Jésus ; elle ne fuit pas, elle ne se justifie pas ; Jésus l’a sauvée de la mort ; Jésus est son Sauveur ; elle reconnaît que l’amour de Dieu est plus grand et plus fort et que cet amour, celui de Jésus, désormais la fera vivre. Il lui est fait miséricorde ; elle posera des actes de vie. Elle est pardonnée et ce pardon lui donnera de pouvoir aimer en vérité, avec un cœur de feu.
  • Femme où sont-ils donc ? demande Jésus.
  • Cela résonne avec le cri de Dieu au début de la Genèse : Adam, où es-tu ?
  • Où est l’amant, où est le mari accusateur ?
  • Où est l’homme qui fuit depuis le jardin des origines ?
  • Où sont les pécheurs à qui est proposé le sacrement du pardon ?
  • Où est cette partie de mon cœur qui fuit, même si je me confesse, cette partie de mon cœur qui désespère ou refuse une vraie conversion, cette partie de mon cœur qui ne lâche pas les pierres de la rancune, de l’amertume, de l’égoïsme justifié et entretenu, de l’orgueil qui écrase, de la critique qui tue …
  • Femme où sont-ils donc ?
  • Personne ne t’a condamnée ?
  • Personne de fait ; car nul n’est assez juste pour condamner son frère … ce serait indigne de condamner son frère quand je connais le fond de mon cœur … qui suis-je pour cela ?
  • Femme …
  • Va ! Va et ne pèche plus ! Toi qui a rencontré ton Sauveur ! Va car le monde t’attend ! Va témoigner de celui qui Sauve, de celui qui seul porte un regard de pardon qui relève !
  • Chers frères et sœurs,
  • Nous confions à la Vierge Marie la fin de notre carême …
  • Nous lui confions les fiancés : qu’ils découvrent que Jésus vient sauver leur amour, que Jésus est la source de leur amour.
  • Nous lui confions les catéchumènes qui vivent aujourd’hui leur 3° scrutin : qu’ils puissent humblement se reconnaître pécheurs, croire en sa miséricorde …
  • Que la Vierge Marie nous guide pour sortir de nos tiédeurs, qu’elle prie pour nous pauvres pécheurs et nous conduise vers le sacrement du pardon, qu’elle fasse de notre Eglise, de notre paroisse, de nos familles un peuple saint, un peuple nouveau. Amen.

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